Prendre le thé, c’est avant tout une occasion de s'arrêter. Un moment dans lequel la rencontre, le plaisir et le partage priment avant tout. L’esprit du lieu ajoute à chaque fois une saveur toute particulière à l'aventure. Ces carnets veulent inciter au plaisir de la découverte et de l’amitié.

vendredi 26 août 2011

Un thé en altitude






Après une semaine complète de voyage sur la côte est américaine, notre quatuor composé de mouffette paresseuse, béluga bruyant, perruche précieuse et chauve-souris insécure décida de terminer en beauté ce périple avec un arrêt au Mont Washington. L'idée de rendre ce blogue un peu plus international et de prendre le thé sur le plus haut sommet de l'est de l'Amérique du nord surgit en pleine ascension.

Comme nous n'étions pas préparé à cette éventualité nous avons procédé avec simplicité. Après une ascension vertigineuse et pour le moins escarpée, l'expression la tête dans les nuages pris tout son sens. Un gros morceau de robot à notre conducteur qui nous mena à bon port à la monté comme à la descente sur une route inclinée à 12%.


À la manière des pionniers qui ont exploré le sommet au cours des décennies nous avons utilisé un produit d'une simplicité et d'une efficacité redoutable même dans les plus difficiles circonstances: le thé en poche ! Une intéressante sélection nous était proposée au snack bar, tant et si bien que nous avons tous opté pour une sorte différente. L'infusion même fut des plus facile grâce à la fontaine d'eau bouillante.


Il ne restait qu'à gravir les quelques pieds séparant le chalet du point le plus haut situé à 6 288 pieds d'altitude. Armés de nos gobelets et appareils photo, nous marchâmes vers la borne, qui était déjà prise d'assaut par les visiteurs. Dans cet environnement brumeux et frais, environs 11°C, le breuvage chaud fit son effet et nous permit d'attendre notre tour pour la prise de photo. Du panorama nous ne vîmes pas grand chose, mais nous pûmes apprécier les nuages qui enveloppaient le sommet.


La descente nous permis toutefois de contempler le paysage. En quelques arrêts photos nous immortalisâmes la beauté des montagnes et redescendîmes sans accrochage grâce à la mécanique impec de notre voiture de location et au savoir faire de notre chauffeur.

Pour les braves qui ont gravi le Mont Washington, les souvenirs sont nombreux pour marquer leur exploit, mais peu peuvent se vanter d'y avoir pris le thé.


dimanche 17 avril 2011

Une expérience Zen






Prendre le thé dans un restaurant n'apparait pas à prime abord une expérience très inusitée. Cependant, lorsqu'il s'agit d'un restaurant de fine cuisine asiatique qui ne prépare que des mets exclusivement végétariens, avouez que cela pique un peu plus votre curiosité. Bienvenue au resto Zen!


C'est quatre amis qui se sont présentés à la porte de ce charmant endroit logé dans une petite maison de ville en plein coeur de Québec. En entrant, le calme et la sérénité des lieux nous frappent et attisent notre curiosité par rapport au menu qui nous sera proposé. Signe du destin ou simple hasard, la table que nous avions réservée se retrouve devant le grand mur des thés. Une grande sélection de saveurs et d'odeurs en persective! Notre choix final n'en sera que plus difficile à faire.

Pour le repas principal, nous optons pour la simplicité avec la sélection de menus du chef pour tout le monde! Nos papilles ont pu se délecter de multiples saveurs et même de boeuf...végétarien! Même notre végétarien endurci a trouvé le goût un peu trop ressemblant et n'a pas terminé sa portion. Peut-être un petit d'arrière-goût de souffrance qui ne passait pas? Toujours est-il que pour les carnivores que nous sommes, tout le repas s'est avéré un vrai régal malgré l'absence de viande.


Avec le déssert vient aussi le moment de choisir notre boisson. Le menu s'étalait devant nos yeux. Juché sur la plus haute tablette, presque comme un interdit, notre connaisseur remarqua la présence d'un thé à la réputation mythique: un Pu-Erh! Ne reculant devant rien, nos deux VRAIS hommes ont décidé de tenter l'expérience. Ce thé noir à l'origine résulte de la fermentation, et croyez-nous, l'odeur nous le rappelle bien. Le mur des thés et ses odeurs invitantes avaient bien tenu promesse, mais pas comme nous nous y attendions... En effet, le Pu-Erh est reconnu pour son odeur caractéristique de...pomme de route! De plus, la rumeur veut qu'il possède certaines vertues euphorisantes. Peut-être est-ce pour cela que la fin de la soirée fût ponctuée de fous rires et de situations cocasses...


Les filles, plus conservatrices, ont partagé un thé chaï à la vanille. De celui-ci émanait une odeur beaucoup plus appétissante et les deux amies s'en sont délectées. La soirée s'est ainsi terminée de belle façon sur une promesse de renouveller cette expérience, surtout que la maison offre la cérémonie du thé pratiquée comme en Asie ancestrale et que nous comptons bien y assister pour vous en faire vivre l'expérience sur cette page.


Rédaction: Isabelle Cyr et Mathieu Hébert

mercredi 23 mars 2011

Super-lune sur le Saguenay

Toutes les occasions sont bonnes pour se réunir. Lorsque nous avons appris que la lune était au plus proche de la terre en près de 20 ans, nous avons fait comme plusieurs: on est sorti et on a regardé le spectacle. "Super lune" était au rendez-vous. Presque le nom d'un super-héros.



Pour ce faire, on est retourné à un endroit que j'apprécie beaucoup pour le point de vue qu'il offre sur la ville, et qui a fait l'objet d'un billet cet hiver à -42 degré celcius.

Cette fois-ci la température était plus clémente. Et d'ailleurs nous avons rencontré plusieurs amis photographes.


Un spectacle qui en valait bien la peine.

Le choix du thé pour cette escapade: un wulong de type anxi tie guan yin.

lundi 14 mars 2011

L'hiver s'est brisé l'échine à St-Charles-de-Bourget

Qu'un seul mot: enfin!
Le printemps frappe enfin à nos portes. On peut bien aimer l'hiver, mais quand même...


Lorsque le soleil fait fondre la neige et que 4 petits degrés au-dessus de zéro suffit à nous faire croire qu'alors-là, il fait vraiment chaud, on peut dire enfin, que c'est le printemps.

C'est comme des écureuils dans tes pantalons: ça déclenche une impatience. Jamais fait? Moi non plus, mais je peux deviner.

Avant de relancer nos sorties dans une température plus clémente, on s'est payé une dernière sortie pour abuser de cet hiver qui en est à ses derniers soubresauts. Dernière tempête de neige. Pique-nique sous zéro. L'hiver s'est brisé l'échine à Saint-Charles-de-Bourget.




On s'est construit un mur pour nous abriter de la neige et puis nous avons préparer le dîner. La survie fait plutôt bien les choses: crevettes nordiques au sambal oelek, rôti de porc aux épices berbères et une bouilloire de thé anxi thi guan yin pour nous réchauffer.

Mouhahaha... fini l'hiver! (traduction libre)
On se revoit bientôt avec de nouvelles aventures.


mardi 1 février 2011

Chez Frigolo ou une visite du Village sur glace de Roberval

Seuls les mois d’hiver ont le secret de ce soleil radieux qui inondait samedi dernier  le Lac-St-Jean.  Étendue immaculée de glace et de neige, on voit à peine de l’autre côté tellement s’étire cette banquise.  Et comme la semaine dernière, le froid et janvier ne seront pas un prétexte suffisant pour nous empêcher de pointer le nez dehors! Destination: Le village sur glace de Roberval



Après 1h30 sur la route, Frigolo, rigolo pingouin et mascotte du village nous souhaite la bienvenue en son royaume. La sympathique mairesse du village, quant à elle, nous donne toutes les informations nécessaires afin de nous orienter dans sa communauté de 310 chaumières. La rue principale de ce village éphémère : une boucle de près d’un kilomètre pour laquelle la voirie a troqué la traditionnelle gratte et sa sableuse assortie pour la zamboni.


Tandis que certains chaussent lames à leur pied, d’autres préfèrent encore la stabilité des bottes à la vélocité des patins, hantés par quelque souvenir peu glorieux d’un gros bleu, résultat d’une expérience de patinage précédente…

Quelques kilomètres plus tard, le corps réchauffé par l’exercice, le nez rougit par l’air tonifiant du lac, c’est la pause. On se pose, là, juste là, devant tous, sur la place du village, en face de la mairie.  La technique est au point, le matériel l’est tout autant, avec en bonus pour cette escapade jeannoise, la seule et unique tarte aux bleuets du Lac-St-Jean… Le thé choisi, le Hojicha Shizuoka de chez Camélia Sinensis provient du Japon et son arôme fumée nous réchauffe à la manière d’un feu de camp.

La vue de cette joyeuse bande que nous sommes attire les regards, les enfants, et Frigolo!  Il revient à la charge et notre patineur de vitesse le saisi  pour un programme extra-court de patinage artistique. La mascotte dans les bras, notre rouquin patineur est fier de son coup, mais dépose rapidement la bête qui devait bien peser dans les 75 kg…  


Dans le cas de la mascotte, on se demande encore si l’intérêt n’était pas purement et simplement la tentation d’une délicieuse pointe du dessert aux petits fruits… Mais plus tard une femme vêtue de bleu s’avance, on s’attend à une réprimande. Prêts à ramasser nos pénates et à reprendre la route, nous attendons la douche froide. ''Bonjour, on vous regarde depuis tantôt et on voulait vous dire... On vous trouve géniaux! ''  de nous lancer madame la mairesse qui vient en personne nous faire part de son admiration ! 

Le cœur réchauffé par ces commentaires et le corps par le thé, on s’active de nouveau, pour quelques tours de piste supplémentaires, grisés par la bonne humeur, la beauté de l’endroit, le soleil radieux et la bonne compagnie.

Rédaction: Étienne Landry-Désy & Catherine Doucet.

mercredi 26 janvier 2011

Thé glacé

"Mon pays, ce n'est pas un pays, c'est l'hiver" disait Vigneault.

Réaliste, il a vu juste, une fois de plus. Son pays, MON pays, c’est en même temps l’émerveillement du printemps, la douceur complice de l’été, l’odeur chaleureuse de l’automne, la splendeur de l’hiver. Quatre saisons à vivre, quatre saisons à savourer, quatre saisons à apprécier…

Là-dessus, la splendeur de l’hiver et toute sa puissance, elle est aujourd’hui, elle est ici et maintenant. Cet hiver cru, sec, « frette ». -25°C au thermomètre, environ -45°C perçu sur la peau si on y enlève le soupçon de chaleur que vient insidieusement subtiliser le noroît. Dimanche, 20h, l’heure où le monde s’arrête, l’heure où on se blottit sur le canapé, sous la couette ou devant le foyer. L’heure où deux joyeux lurons, attirés par le mystère du froid, tentent une expérience hautement scientifique :

« Combien de temps faut-il pour geler en une glace un thé fraîchement infusé?!? »

Ledit thé s’est prêté au jeu sans trop rechigner. Habits de circonstances et frontale ont complété l’attirail habituel dans cette épopée nous menant au pied de la croix St-Anne, à Chicoutimi-Nord. Belvédère au point de vue imprenable sur Chicoutimi qui nous dévoile sa plus belle robe sous les étoiles, point le plus élevé (et sans doute le plus froid!) du secteur. Le site idéal pour cette pause surréelle.

Protégée du vent par le socle de granit du monument, l’eau a tôt fait de bouillir tandis que nous découvrons et apprécions les lieux. Quiétude et violence s’y côtoient agréablement, entre la poésie de ce centre-ville figé se déployant à l’est et la brutalité de la bourrasque qui dévale le Saguenay depuis l’ouest. 5 minutes de plus sont nécessaires à l’infusion du breuvage, et l’opération « congélation » débute…

Pendant que nous nous empressons de boire une tasse qui tiédit à vue d’œil, deux gobelets d’étain remplis de thé bouillant ornent la base de la croix. Exposés à la convection de cette fraîche soirée de janvier, ils ne mettront qu’une douzaine de minutes à chuter de plus de 110°C, passant du point d’ébullition à une masse gelée…

Et nous voilà hébétés, surpris par l’efficacité et la rapidité de notre procédé de congélation… On devait s’arrêter, avoir le temps de prendre le temps, attendre que ça gêle! Tant pis. Cette pause que nous attendions, réfugiés sous le vent, pendant que s’envolait la chaleur du thé, nous la prenons, peu importe.

Après tout, l’hiver n’est-il pas beaucoup mieux que l’été?!? Il est toujours possible d’ajouter un ou deux vêtements qui nous permettront d’affronter la froidure. Il est beaucoup plus difficile d’enlever des vêtements d’un corps nu lorsqu’on subit la moiteur estivale. Voilà pourquoi je préfère les extremums de janvier à ceux de juillet! Et je ne parle même pas des mouches…

Et pourtant, sommes-nous seuls à vouloir apprécier cette période où la nature repousse nos limites, nous approchant un peu plus du pôle? La voisine envie sa belle-sœur qui ne vit plus que pour son prochain voyage au Mexique - la chanceuse! - tandis que la radio enchaîne les succès « caliente » d’Enrique Iglesias, dans un déni total de ce qui fait de nous ce que nous sommes.

« Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver »

Le refus global de 1948 était cru, critique. De la société qui y est décrite aura émergé le Québec d’aujourd’hui, plus libre, plus grand, plus fort. Il demeure pourtant, enraciné au plus creux de notre âme collective, un autre refus global, social qui mine notre société comme un mal intemporel et qui lui n’a pas bougé d’un iota : L’HIVER. Sinistre. Imperturbable. Implacable. L’ennemi hostile, à abattre. Pourtant. Il était ici bien avant nous. Et réchauffement climatique ou pas, il fera encore -30°C le 23 janvier 2146.

Moi-même choqué par l’arrivée de la saison fraîche, nostalgique de l’hémisphère sud où je m’étais réfugié il y a un an, j’ai eu la chance de comprendre les burkinabés qui n’arriveront jamais à s’y faire… Il m’aura ainsi fallu quelques semaines pour me réapproprier l’hiver, réapprendre mon pays. Troquant tour à tour mes espadrilles pour des bottillons, puis des Sorel, remplaçant le veston BCBG par une doudoune dont la beauté est inversement proportionnelle à l’isolation thermique, j’annonce aujourd’hui que j’ai retrouvé mon hiver. Et je l’aime. Voilà.

Ce popsicle au thé (qui par ailleurs aurait tiré avantage d’un soupçon de sucre…), savouré couché dans la neige et le froid, emmitouflés sous les étoiles nous aura fait vivre l’hiver plutôt que le subir. Assumons notre nordicité, tels les scandinaves, faisons des nordiques de nous-mêmes et prenons le temps d’apprécier cette saison, certes la plus froide, mais aussi la plus belle…

« Mon refrain ce n’est pas un refrain, c’est rafale
Mon chemin ce n’est pas un chemin, c’est la neige
Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver »

mercredi 19 janvier 2011

Glögg au Village de la sécurité routière

Pour démarrer les activités 2011 de ce blog, voici le récit notre dernière sortie hivernale. Plusieurs copains souhaitaient depuis un petit moment participer à l'initiative-thé.

Quelques lurons en sortie.
Dans notre quête de repousser constamment les frontières de la Connaissance... des endroits les plus inusités en région, nous avons choisi d'aller "sentir" ce qui se passait au Village de la sécurité routière en hiver. Vous vous demander si le Village de la sécurité peut être considéré comme un endroit inusité ?

La réponse est claire : il n'y a qu'à y jeter un coup d'oeil à son côté kitsch par excellence, pour lequel la représentation d'un Saguenay-miniature risque un jour autant d’attirer les foules que la mini-Europe de Brussels. Et puis les mots nous manquent pour décrire le simulateur de collision et les souvenirs juvéniles, visiblement traumatisants, que chacun en conservait...

Poursuivons notre récit pour discuter de l'ambiance. Décembre, qui vient de se terminer, est avant tout une période de rencontres et de rassemblements. La tradition veut que l'on se regroupe en famille. Mais de nos jours la taille des familles n'est plus ce qu’elle était autrefois. À défaut d’avoir des dizaines de frères et de sœurs, nous nous regroupons avec nos frères et sœurs spirituels, que nous appelons La Troisième Famille.

Avec la Troisième (pour l'appeler par son petit nom), nous avons consacré un après-midi à patiner et visiter ce bucolique Village de la sécurité routière.

Malheur! La Troisième a un défaut: elle incite davantage aux vices. Pour l’occasion, nous avons fait une légère entorse à la Première Règle non-écrite du blog (qui ne le sera plus dès maintenant) : découvrir de nouveaux thés. Ainsi, plutôt que d'infuser notre thé dans de l'eau chaude, nous avons adapté la recette européenne du Glögg pour inclure au vin chaud une saveur complémentaire. Notre thé noir Golden Yunnan Imperial s'est retrouvé noyé dans un déluge d'alcool et d'épices aux saveurs festives: cannelle, orange, vanille. 


 

Merci à tous nos amis pour leur présence inconditionnelle.
C'est ce qui arrive lorsqu'on abuse du glögg!

Rédigé par David et Lana